Christophe Streichenberger

"La peinture de Christophe Streichenberger conjugue deux démarches esthétiques que l’on pourrait supposer inconciliables. L’une, conceptuelle, s’approprie certains des codes du Pop Art, de la publicité ou de la photo de mode – figures géométriques, vide sidéral, couleurs froides – ; l’autre, expressive, organique, procède d’un courant dont Bacon, parmi d’autres, constitue un accomplissement.

Sur la toile, la confrontation entre ces deux approches antagonistes s’avère généralement violente, parfois savante et apaisée, toujours aléatoire. Masquée par une trame minérale, une résille froide, s’impose la présence d’un désordre corrupteur, d’une souffrance mutante, proliférante. Ce second plan pervertissant le premier, le dissolvant comme un acide, est une forme humaine, je suis certain qu’il s’agit d’une forme humaine…

Mais, nous ne nous en tirerons pas à si bon compte. Dans l’espace de la toile, il y a ni vainqueur, ni vaincu, la confrontation n’a de cesse, et le peintre ne tombe pas le masque. Alors, de quoi s’agit-il ? La question, disait le poète, se referme sur elle-même comme la main sur l’arme blanche. Ce que la peinture de Christophe Streichenberger donne à voir, regardons-le en face."

Texte de Yves Ranson

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